Réaction suite à la Réunion d’Information Préalable (RIP) du 11 décembre 2024 organisée par Luminus pour le projet de repowering des 7 éoliennes situées à Bièvre.
Le 11 décembre, un peu avant l’arrivée du père Noël, lors d’une réunion préalable d’information, Luminus a exposé son projet de repowering de son parc de 7 éoliennes situées à Bièvre.
En qualité d’association locale de protection des habitats naturels et des espèces vivantes, nous tenions à faire part de points d’attention concernant l’étude d’incidence sur l’environnement qui va être menée. Une lettre a été envoyée au collège communal de Bièvre : lien vers la lettre (dans l’onglet publications/militance).
En résumé :
- La zone concernée fait partie du Parc Naturel d’Ardenne Méridionale. Il s’agit d’un territoire rural reconnu pour ses qualités biologiques et sa richesse en biodiversité, raison pour laquelle l’implantation d’éoliennes n’y est à priori pas souhaitable.
- Le projet visé ici est situé à proximité immédiate de la ligne de crête ardennaise qui passe à Bièvre. Cette zone correspond à une des liaisons écologiques que le Gouvernement wallon veut préserver. L’étude d’incidence sur l’environnement devra en tenir compte. D’autant plus que les 11 éoliennes proposées seraient les plus hautes jamais installées en Wallonie (250 m).
- La dépression de Famenne est un couloir de migration très fréquenté par les oiseaux en Wallonie. Le franchissement du talus ardennais oblige souvent les oiseaux à passer à basse altitude au niveau de la crête qui passe à Bièvre. Implanter un parc éolien sur l’un des principaux axes de migration des oiseaux en Wallonie est déconseillé par le DNF car les impacts seront non atténuables et non compensables.
- Dans le respect du principe de précaution, toute implantation d’éoliennes en forêt est à proscrire. Natagora n’est pas en faveur de l’implantation d’éoliennes aux zones forestières même dans les zones constituées de plantations de résineux.
- Sept espèces de chauves-souris présentes en Wallonie bénéficient d’un statut de protection stricte, via notamment l’interdiction de toute perturbation de leur cycle vital, aires de repos et sites de reproduction. Nous formulons des recommandations détaillées sur plusieurs points incontournables, à savoir :
- le recensement précis des chauves-souris présentes à proximité du site,
- le respect de la condition sectorielle de 2021 pour les éoliennes qui exige notamment leur bridage (module de mise à l’arrêt),
- le suivi de mortalité des chauves-souris autour des éoliennes.
Conclusions
C’est avec grand intérêt que nous examinerons l’étude d’incidence sur l’environnement lorsque celle-ci sera disponible (soit dans environ 2 ans). Cela nous permettra de nous positionner par rapport à ce projet et de vérifier dans quelles mesures les points d’attention repris ici auront bien été pris en compte.